De la nécessité de l'obscurité totale durant vos nuits

Depuis le début de votre pratique, vous avez peut être constaté un phénomène assez surprenant lorsque vous vous réveillez la nuit :

Des phénomènes lumineux internes sembles parfois se produire et s'accompagnent d'un état de conscience modifié, plus vaste, qui attire notre attention.

Lorsque vous portez alors votre attention sur ces phénomènes et que vous les nourrissez simplement en les laissant s'expendre en vous., vous ressentez plus profondément la paix,

le bien être et la plénitude qui les accompagnent dans tous votre corps et votre psychisme.

Pour moi, ces phénomènes sont liés à la glande pinéale et à la production de mélatonine, le parallèle inséparable à la production de sérotonine liée à votre pratique solaire d'observation.

Je pense que ces moments-là sont très important et il me plait de considérer qu'ils font aussi partie d'une phase importante de la pratique que j'appelerai « intégration/expansion de la lumière ».

Pour que cette intégration/expansion de la Lumière est lieu dans des conditions optimales, il est indispensable d'avoir recours à une OBSCURITE TOTALE durant vos nuits.

Par cela j'entends de veiller à se qu'aucune source de lumière physique n'apparaissent dans la chambre telle que : rideaux mal fermés, veilleuse électrique, absence de volet....

Mon expérience m'a permis de constater qu'une simple source de lumière physique au cours de la nuit diminuait (voir empêchait) la manifestation de ces Lumières et donc l'état de conscience lié à leurs manifestations.

On peut faire je pense le parallèle avec les retraites dans l'obscurité que propose certaines école bouddhique comme le dzogchen ou le tantra par exemple.

Voici ci-dessous un extrait qui en parle :


« Les retraites dans l'obscurité sont conduites dans une cellule totalement imperméable à la lumière et, dans ce but, les côtés extérieurs et intérieurs des murs de la pièce sont soigneusement enduits avec de l'argile pour combler tout interstice susceptible de laisser entrer la moindre lumière. 

La pratique yogique exécutée dans cette retraite est des plus simples. L’adepte s’installe dans la posture adamantine en joignant les mains au niveau du nombril. Selon les diverses traditions internes du Kâlacakra, le yogi doit diriger le regard vers le haut, comme s’il contemplait le ciel au-dessus de lui ou bien se concentrer entre les sourcils, la direction des yeux jouant dans cette optique un simple rôle de soutien de la concentration. Dans les deux cas, l’exercice est pratiqué pour faire pénétrer les souffles internes du corps à l’intérieur du canal central (rtsa dbu ma). Il est poursuivit avec zèle jusqu’à l’apparition de signes exprimés au travers d’expériences visionnaires parfaitement définies, comme des visions de fumées, de mirages, de lucioles, d’éclairs, de brumes sombres, etc. 

Ces signes indiquent l’entrée effective des souffles à l’intérieur du canal central. Lorsque la pratique est arrivée à ce niveau, l’adepte visualise alors une petite sphère noire positionnée dans le canal central, au niveau de l’espace intersourcillier, dans laquelle il imaginera la divinité Kâlacakra en union avec son Epouse, paré de tous les atours du Corps de Jouissance (longs spyod sku).

Dans le cycle du Kâlacakratantra, les retraites dans l’obscurité se déroulent lors de la pratique de la Phase de Perfection (rdzogs rim) dont elles forment la première étape. Le fruit de ces retraites est cultivé tout au long des diverses sections de cette Phase de Perfection, incluant en cela le déclenchement de la Furie (gtum mo) qui permet l’épuisement des souffles karmiques circulant dans le corps. Lorsque la Phase de Perfection aura été intégralement parachevée, la dissolution des composants matériels du corps s’opérera naturellement. Ce dernier point est l’élément principal qui distingue le Kâlacakra des autres cycles tantriques tels que le Guhyasamâjatantra ou le Hevajratantra dans lesquels la pratique culmine avec la réalisation du corps illusoire pur (dag pa’i sgyu lus) de la divinité concernée par ces cycles. Cette dissolution du corps est associée au passage des terres de l’Eveil (sa) qui sont ici au nombre de douze. »


Les Retraites dans l’obscurité”, 

 in Jean Servier (éd.), Dictionnaire critique de l’Esotérisme, Puf, 1998, 

p. 1100-1102.

 

Sans rentrer dans la pratique rigoureuse des techniques de ces retraites qui n'est pas le sujet, on voit bien là l'importance qui est accordée à l'obscurité la plus complète. J'attire en outre votre attention sur le fait que le yogi doit, entre autre, diriger le regard entre les sourcils, zone de la glande pinéale, là où siège la Lumière liée à notre pratique solaire (notamment).

Vous faire le cadeau d'une obscurité totale durant vos nuits fait partie de l'autre face de la pièce du sungazing : paradoxalement, celui-ci nous demande de regarder la lumière puissante du soleil pour activer notre pinéale, produire de la sérotonine et ensuite nous sommes invité à l'obscurité la plus totale pour que cette Lumière intérieure se déploie de façon optimale.

A vos rideaux ou volets défectueux et en route vers le chemin de la Lumière retrouvée :-) !

acueil